«Never Miss an Idea»

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Attention, article décousu.

J’ai le mauvais travers de tout le temps tout garder, d’être obsédé par le fait de faire des listes, de constituer des blogs, de trier et retrier mes photos d’une certaine façon, de le refaire avec un autre logiciel, et ainsi de suite, ad libitum. Il paraît même que j’ai fait un projet de diplôme sur la question de «l’appropriation du web» dans une autre vie. Bref, tout ça pour dire que je me sens de moins en moins seul avec cette préoccupation ces derniers temps.

Nous sommes encore aux balbutiements du web en la matière et il n’y a, à mon sens, pas encore de service qui réponde à la question « simple » : Comment garder une trace tous les liens internet qui m’intéressent, mais aussi toutes les vidéos, les images ou même les bouts d’articles que j’ai croisé et qui m’ont interpellé, pour une raison ou pour une autre ?.
«Pourquoi faire ?» me direz-vous. Je dirai, et pourquoi pas. Et le web commence à le faire. Nous sommes en train de sortir de l’époque où la seule logique était celle de l’enfouissement perpétuel des contenus diffusés sur la toile. La toile a développé ses outils (et est encore en train de le faire). Parmi les avancées technologiques, on notera les nuages de mots-clés, ou tout simplement l’usage de mots-clés, le développement des catégorisations, la généralisation des vignettes d’articles («image à la une», donnant à la fois un avant-goût d’un contenu, une teinte, mais aussi, servant d’aide mémoire pour le futur), sans compter, évidemment l’optimisation des moteurs de recherche (dont le tout récent « graphsearch » de facebook, qui nous promet de ne plus jamais rien perdre, ni rater). Mais, et c’est entre autre le propos de ce billet, on assiste à l’émergence, ou du moins la popularisation de tout une série d’applications destinées à nous permettre de garder (noter, conserver, attraper, …) à la fois le fruit de nos navigations, mais aussi, le fruit de nos pensées. Le dernier né est donc Google Keep, qui propose de prendre des notes, de faire des listes, et de pouvoir, en tout temps, retrouver cela n’importe où, n’importe quand, blah blah blah (God Bless le Wifi).

On pourra aussi parler de Catch (que Apple semble soutenir, car l’application apparait au premier plan des publicités de l’iphone 5) que je n’ai pas testé et évidemment d’Evernote, l’éléphant qui nous promet de tout se rappeler pour nous.

Souvenez-vous de tout.

Et là, sans transition, je vais parler de Vannevar Bush, et de son article fondateur « As We May Think« , de 1949.

«Imaginons un appareil de l’avenir à usage individuel, une sorte de classeur et de bibliothèque personnels et mécaniques. Il lui faut un nom et créons-en un au hasard. « Memex » fera l’affaire. Un memex, c’est un appareil dans lequel une personne stocke tous ses livres, ses archives et sa correspondance, et qui est mécanisé de façon à permettre la consultation à une vitesse énorme et avec une grande souplesse. Il s’agit d’un supplément agrandi et intime de sa mémoire.»

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Plus de 60 ans plus tard, nous sommes encore sur la piste ?

call jenifer

Et pour finir, un petit peu de Deleuze ne fait jamais de mal. À partir de la 7ème minute, je ne comprends pas trop où il veut en venir avec les concepts de l’informatique… à Google Keep, peut-être.