Chez les gros éditeurs de BD,  pour mieux vendre un ouvrage qui s’apprête à sortir et dont on attend beaucoup, on fait réaliser une bande-annonce animée, exactement comme s’il s’agissait d’un film.

Quand cette étape de promotion est bâclée, ça donne des animatics soporifiques dans cet esprit-là :

 

 

A priori, je ne suis pas vraiment partisan de ce genre de promotion « ronflante ».
Pourtant, quand on se donne les moyens d’engager un vrai travail d’animation, on peut y retrouver les qualités d’un vrai court-métrage d’animation, et alors là c’est tout de suite beaucoup plus intéressant :

 

 

Ce trailer a reçu un accueil très chaleureux sur les réseaux sociaux depuis sa mise en ligne, et c’est logique : le dynamisme du découpage, les cadrages, le trait et l’énergie qui se dégagent de l’animation sont vraiment enthousiasmants.
Je reste en revanche extrêmement sceptique quant à l’esthétique « néo-manga » pré-pubère et cet univers médiéval-fantastique réchauffé : je ne suis pas sûr de le supporter dans les pages d’une BD (mais bon, je ne l’ai pas lue, on ne sait jamais…).
Finalement, je suis persuadé que ce trailer est beaucoup plus amusant que le livre dont il est censé faire la promotion, et c’est là que se trouve à mon sens le paradoxe de ce genre d’exercice…

Cette bande-annonce a été réalisée par le jeune studio La Cachette rassemblant Ulysse Malassagne (l’auteur de la BD en question) ainsi que d’autres anciens étudiants de l’école des Gobelins qui, après s’être forgés une expérience dans plusieurs grands studios (chez Disney notamment), ont décidé de se regrouper pour travailler en équipe.
Ils avaient déjà réalisés ensemble un sympathique film de fin d’études intitulé « Le Royaume » :