Un an de retard sur une nouvelle, ce n’est pas tant que ça.
À force de dire qu’il ne se passe rien, on va finir par être saturé.
via : 2 ou 3 choses que je sais d’elle

Le fond

C’est donc dans une tournée d’adieu à mon Google Reader, que je viens de découvrir qu’existait une revue en ligne parlant de graphisme contemporain. Bonne nouvelle donc, on pourrait dire, tant est triste et dommageable la place de monopole d’Étapes dans le paysage de la critique (sic) du graphisme en français.

Tombolo est une revue en ligne qui voudrait créer des liens entre les archipels du savoir sur le graphisme et plus si affinités, dans une forme critique propre, avec des contributeurs d’ici et d’ailleurs.

Tombolo se structure géologiquement par strates. En surface affleure la couche Flux constituée par de courts articles à la volée. En fouillant, on découvre Meta, la strate des textes plus denses et nourris. Puis vient la couche des Entrevue(s) avec des personnalités du champ élargi du graphisme. Enfin, au plus profond, le discours se nourrit duBeauregard, ce substrat fluctuant des productions goûtées d’images fixes et animées…

Bon, j’ai un peu peur que l’on penche un peu trop de l’autre côté de la balance, et que la fadeur de Pyramid ne soit remplacée par de la novlangue-de-bois graphique, mais, étant donné que je n’ai que survolé l’affaire, je ne vais pas m’engager dans un jugement trop hatif.

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On y trouve en tout cas de joli titre d’article qui nous confirme que nous sommes bien dans une publication française.

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La forme

On pourrait juste regretter le caractère web -2 du site, qui, malgré une utilisation heureuse des colonnes (j’ai quand même chercher pendant 2mn comme faire défiler le reste du texte) dans les articles, pourrait être grandement amélioré en terme d’ergonomie. Mais c’est peut-être un choix de faire en sorte que ce soit après 10mn de navigation et avec l’intention d’écrire un article dessus (et donc d’avoir lu le «à propos») que l’on découvre toute l’étendu et la richesse de ce site-revue. Chers concepteurs de Tombolo, attention, les sites web ne peuvent être conçus comme des publications papiers avec un début, une fin et des parties fermées. Non parce-que cela n’est pas possible d’avoir de la structuration et des longs contenus dans le web [le New-York Times le fait de façon forte], mais simplement parce-qu’on ne peut pas feuilleter l’intégralité de ces pages en moins de une seconde, à moins de nous donner les outils pour… ce qui me donner justement une idée… à continuer donc.

Et pour finir, je ne résiste pas à la mise en exergue d’un morceau choisi de la prose d’Étienne Hervy. C’est toujours un bonheur de voir des écrits sur la controverse du poisson :

Plus que le jeu d’échelle sur l’objet du poisson et l’image même, c’est la logique du déplacement qui opère. Déplacement des pratiques et des statuts, déplacement de pans entier du territoire visuel. Le raisonnement par l’abrupt.