« Et bien, dansez maintenant »
Ou mettre le corps dans le contexte.

Cela fait plusieurs années que, au hasard des chemins, je tombe sur des images du duo d’artiste Allora & Calzadilla. Leur images m’ont marqué, ou du moins ont éveillé une curiosité en même temps qu’une légère incompréhension, qui a dû faire que je ne m’attarde pas plus sur leur travail.
C’est donc par un autre détour de la sérendipité entoilée, en l’occurence un article du très bon et nécessaire blog Le Greffon, du photographe Olivier Roubert, que je suis retombé sur une image d’un de leur projet, Under Discussion :

Allora-Calzadilla.-Under-Discussion-2005.Courtesy-the-artist-and-Lisson-Gallery

Je n’écrirai pas ici une chronique d’art contemporain, je me contenterai de pointer la posture atypique de ces artistes : l’utilisation du corps (humain et de métier) interagissant sur un objet (usuel et décaler de son usage), opérant ainsi un simple ready-made entre un objet (ou deux) et un geste (ou plutôt une discipline, un savoir-faire). Le tout est éminemment poétique et fait dévier l’esprit du spectateur. Une simple pichenette dans nos habitudes, qui vient nous montrer une route parallèle que nous n’avions pas imaginé, mais qui était pourtant là, au bord de l’autoroute de nos usages.
Et qui me fait penser à un article du Monde diplomatique de Juillet 2013, justement lu hier, intitulé «Art et politique, que l’action redevienne sœur du rêve», qui dit ceci à propos de l’artiste :

Il ne peut changer le monde, mais il donne l’émotion de sentir qu’il y a du jeu, dans l’ordre en place, dans les têtes, dans les aspirations. Ce qui ne saurait se réduire à l’affichage de bons sentiments progressistes, et pas davantage à la petite recherche de la provocation, qui se contente souvent de choquer le bourgeois, ravi de l’être…

Allora & Calzadilla, Algorithm, 2011. Photo by Andrew Bordwin_1 bordwin_biennale-2062 maxresdefault

Michel

Et là, subitement, je me rends compte que je vais devoir fusionner cet article avec un autre, prévu depuis quelques jours, sur Michel de Broin.

Artiste d’origine montréalaise, Michel de Broin opère aussi dans le champ du ready-made-action, avec une attirance forte pour l’espace urbain : perceuse fuyant de l’eau, voiture-vélo, vélo-fumant, poubelle-piscine, lustre fait de lampes urbaines, …
Bref, il joue et nous fait sourire, il détourne et nous contourne, d’une façon qui me fait penser à mon cher Ai Weiwei. La suite, en images :

wahal - michel de brouin

Et sur ce, je vous souhaite une agréable journée.